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Une avancée décisive vient d’être franchie dans le processus de modernisation de l’état civil en Afrique centrale. Réunis à Yaoundé du 20 au 22 avril, les experts des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont validé le Guide pratique ESEC, un document stratégique destiné à améliorer l’enregistrement des faits d’état civil, notamment les naissances, les décès, les mariages et les divorces.
Pendant trois jours, une quarantaine de spécialistes issus des Instituts nationaux de statistique, des ministères en charge de l’état civil et de la santé ont examiné en profondeur ce guide. L’atelier était présidé par Nicolas Beyeme Nguema, Commissaire en charge des politiques économiques, monétaires et financières.
Les travaux ont bénéficié du soutien de plusieurs partenaires internationaux, parmi lesquels Fonds des Nations unies pour la population, Banque mondiale, Fonds des Nations unies pour l’enfance, Organisation mondiale de la santé, Commission économique pour l’Afrique et Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne.
Un guide structurant, enrichi collectivement
À l’issue des échanges en groupes et en plénière, le document a été validé sous réserve de l’intégration des amendements formulés par les participants. Les discussions ont permis de renforcer la qualité et la pertinence du contenu.
Fiabilité des données : un enjeu critique
Les experts ont dressé un constat préoccupant : si les naissances sont partiellement enregistrées, les décès et les divorces restent largement sous-déclarés. Cette situation compromet la fiabilité des données démographiques et affaiblit l’efficacité des politiques publiques.
Un état civil performant est pourtant essentiel pour garantir la transparence électorale, lutter contre la mortalité maternelle et infantile, planifier le développement territorial et suivre les Objectifs de développement durable.
Selon les responsables de la CEMAC, la validation de ce guide constitue une étape clé vers des systèmes d’état civil harmonisés, inclusifs et conformes aux standards internationaux, notamment ceux des Nations unies et du programme APAI-CRVS.
Le numérique, levier de transformation
La digitalisation apparaît comme le pilier central de cette réforme. Elle vise à améliorer les taux d’enregistrement, accélérer la production des statistiques et renforcer la fiabilité des données.
Au-delà des aspects techniques, l’enjeu est stratégique : permettre aux États de renforcer leur souveraineté statistique en disposant d’informations fiables pour orienter les décisions publiques et renforcer leur crédibilité auprès des partenaires internationaux.
